lundi 7 février 2011

Les 5èmes rencontres professionnelles des assistantes maternelles à Lyon



Samedi 5 février 2011 avaient lieu dans les somptueux locaux du conseil général du Rhône les 5èmes rencontres professionnelles des assistantes maternelles organisées conjointement par l’AAMADEL et TPMA.

Un fil rouge a été suivi tout au long de cette journée : assistantes maternelles d’aujourd’hui, assistantes maternelles de demain. Sous ce titre, nous avons pu débattre à travers la participation de divers intervenants des nouvelles façons d’exercer la profession.

Les organisateurs avaient bien fait les choses. Chaque participante a été accueillie avec un petit cadeau et c’est dans le luxe d’un salon d’apparat que les différents débats se sont enchaînés.


Madame Dominique Nachury, vice présidente du Conseil Général du Rhône nous a fait l’honneur d’ouvrir la séance. Elle a rappelé quelques chiffres comme le nombre d’assistantes maternelles dans le département (14500 dont 13000 en activité). Elle a aussi indiqué que sur Lyon nous étions 2723 et a précisé que 1300 agréments avaient été délivrés en 2010 dont 272 à Lyon.

Vint ensuite le tour de Mr Fournel, adjoint au maire de Lyon chargé de la petite enfance. Après avoir brièvement parlé de la complémentarité des modes d’accueil sur le département en précisant que sur Lyon 7000 enfants étaient accueillis par des assistantes maternelles pour 13000 en crèches, il a très vite jeté un sacré pavé dans la mare. Il a tenu à nous avertir tout de go que les MAM (Maisons d’assistants maternels dont je reparlerai plus loin) un des sujets phares de la réunion, ne pourraient bénéficier d’aucun soutien de la part de la ville de Lyon. Se basant sur le fait qu’aucune responsabilité collective n’était définie par la loi, il nous a prévenu d’emblée que nous n’avions rien à attendre de la ville quant à la création d’une telle maison.

Pour finir ce préambule, la présidente de l’association AAMADEL, Mme Soraya Souilah, que j’avais déjà eu le plaisir de croiser à la soirée « les marionnettes jouent la différence » (http://nounoustaties.blogspot.com/2010/10/les-marionnettes-jouent-la-difference.html) a présenté tour à tour, son association et les différents débats jalonnant la journée, parlant des compétences des assistantes maternelles, du manque de moyens de communication et de l’évolution du métier.

Les festivités ont alors commencé avec l’arrivée au pupitre de Mr Jean Epstein qu’on ne présente plus dans la profession tant ses interventions sont appréciées, aussi bien dans ses conférences que dans ses écrits (voir l’article http://nounoustaties.blogspot.com/2010/06/jean-epstein-psychosociologue.html). Il a insisté sur le mot « professionnelles » car la reconnaissance du métier a été et est encore un long combat. Il précise d’ailleurs que l’assistante maternelle vient toujours à l’heure actuelle en 2ème choix après la crèche quand les parents cherchent un mode d’accueil.

Il nous amène à nous interroger sur la reconnaissance des métiers de la petite enfance qui devrait être importante puisqu’on lit de partout que « tout se joue avant 3 ans » (lui-même préfère d’ailleurs la version de Dolto qui disait « tout se joue avant la mort…. Ou presque !!!). Pourtant c’est loin d’être gagné. Il en veut pour preuve le fameux rapport Tabarot sur la petite enfance dans lequel on pouvait lire (c’est son interprétation) qu’il n’y avait que des fainéants dans la profession puisque dans d’autres pays les assistantes maternelles avaient plus d’enfants en charge, que nous n’avions pas besoin de formations (… pour changer des couches…) et qu’on pouvait donc diminuer le nombre de diplômés dans les structures collectives ; et que, puisque le métier n’était vraiment pas fatiguant, les seniors pouvaient très bien arrondir leur retraite en « gardant » des enfants.

Difficile ensuite de vous résumer son intervention, les personnes ayant déjà assisté à un de ses « shows » comprendront pourquoi !! Mr Epstein jalonne son discours d’anecdotes réelles ou fictives qui passionnent et amusent son auditoire. Ça part un peu dans tous les sens, mais à chaque fois, il en ressort des informations importantes sur la façon d’exercer la profession.

Ici, il nous a parlé :
- de la manière dont les parents choisissent leur assistante maternelle, insistant sur le fait que nous ne devons en aucun cas nous comporter comme des « copains » avec les parents afin de ne pas perdre le professionnalisme ;

- de l’importance de ce que l’enfant « vit » et non pas « fait », de lui dire « Je » plutôt que de rentrer dans ce qu’il appelle une relation klaxon (tu-tu-tu-tu) ; de ne pas donner un sentiment d’incompétence aux parents ;

- de la confiance qui doit s’instaurer entre tous ;

- de la nécessité de flexibilité pour s’adapter au besoin des parents.

Mais je ne dévoilerais pas tout, pour préserver l’effet de surprise et ne pas gâcher votre plaisir si un jour vous assistez à une de ses conférences.

Il a conclu son discours sous les applaudissements en nous disant que notre profession était un métier d’avenir à condition de veiller à ne pas prendre trop de pouvoir, et d’ouvrir l’œil sur la qualité !

Après une pause, les débats ont repris avec le deuxième thème de la journée : « Travailler dans une micro-crèche ».

Le but de ce débat n’était pas véritablement de nous expliquer les démarches à effectuer mais de nous présenter un cas concret, celui de la micro-crèche « Les coccinelles » à Brantôme en Dordogne. L’auxiliaire de puériculture et l’assistante maternelle à l’origine de ce projet qui s’est concrétisé (très rapidement me semble-t-il par rapport aux autres créations de ce genre) en 8 mois sur la base d’une association loi 1901 ont expliqué les différentes démarches qu’elles ont effectuées et le public présent a pu poser les questions qui en découlaient. Vous trouverez une présentation de leur structure sur ce site : http://www.nama24.com/jeanganiayre/?p=644, inutile donc que je me lance dans un copier-coller.

Quant aux questions, elles ont fait ressortir :

- qu’un tel projet est difficile à mener à son terme (mais on peut s’en réjouir puisqu’on ne peut pas prendre à la légère l’accueil des enfants) ;

- que cette structure particulière avait eu la chance de tomber sur des opportunités qui rend son expérience unique et peu exemplaire par rapport aux autres structures du même genre ;

- que les efforts fournis pour cette création n’apportent pas une plus-value en matière salariale puisque l’assistante maternelle nous précise qu’elle a perdu son statut et gagne moins que quand elle travaillait chez elle.

C’est sur cette dernière remarque que s’est conclu le débat, une assistante maternelle du public interpellant les intervenants sur le fait que cela représentait beaucoup d’efforts et de sacrifices pour au final ne gagner que 900 euros par mois ! Bien sûr, il lui a été répondu que l’argent importait peu par rapport à la qualité de vie et de conditions de travail que l’on pouvait trouver avec cette nouvelle façon d’exercer. Cendrine Navarro a même répondu que si on faisait cela pour de l’argent, effectivement il ne fallait pas se lancer dans l’aventure !! Certes, mais pourtant on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche, et je souhaite à Cendrine d’avoir la chance et la possibilité de pouvoir se contenter de 900 euros par mois toute sa vie, sans devenir SDF. Je n’ai pas cette chance et conserverai donc mon statut d’assistante maternelle un petit moment encore.

Après la pause « déjeuner », la conférence a porté sur les MAM.
Une MAM, c'est un local où 4 assistantes maternelles (maximum) se regroupent afin d'exercer leur métier. Contrairement à la micro-crèche, les assistantes maternelles y travaillant conservent leur statut ; les employeurs continuent à les rémunérer directement. Il y a un cadre légal mais la MAM n’est pas tenue à la même réglementation que la micro-crèche. Au cours de l’après-midi, nous avons pu débattre avec 4 assistantes maternelles ayant créé leur maison à Saint Laurent du pont en Isère et des précisions juridiques nous ont été fournies par Sandra Nadjar, avocat à la cour. L’intervention des 4 assistantes maternelles était intéressante mais, tout comme pour le débat sur les micro-crèches, je déplore le fait que l’exemple choisi n’était pas vraiment représentatif puisque la création de cette maison datait d’avant la loi autorisant leur réalisation. Il en résulte alors que le mode de fonctionnement choisi n’a rien à voir avec ce qui peut exister depuis la loi.

Il ressort tout de même de ces différentes interventions, l’importance de faire appel à des intervenants extérieurs pour faire un projet pédagogique (par exemple un médecin de pmi) car l’enjeu est de travailler ensemble et non pas les uns à côté des autres. Il ne faut pas non plus perdre la notion de « Maison » et donc ne pas être tenté de calquer le projet pédagogique sur ce qui se fait en crèche. Il serait dommage de ne pas profiter de la souplesse qui est conservée par rapport aux autres structures collectives (possibilité de cuisiner par exemple, ou d’avoir des animaux domestiques).

Aux réticences exprimées par Mr Fournel en début de journée, il sera répondu qu’il n’était pas nécessaire de demander l’accord de la municipalité pour créer une mam et que dans la mesure où on ne demandait pas de subventions, celle-ci n’avait pas à intervenir et que le cadre légal existait bel et bien. L’intervention d’une personne dans le public en pleine création d’une MAM sur Villeurbanne semble nous prouver que tout n’est pas si simple !!

Pour en savoir plus, il existe des formations proposées par EDRA, animées par un avocat spécialisé et une consultante spécialiste de l’accueil des jeunes enfants. Elles durent 2 jours et coûtent 150 Euros en individuel ou 400 euros au titre de la formation continue. Les prochaines sessions se dérouleront à Bordeaux les 17 et 18 mars, Strasbourg les 7 et 8 avril, Lyon les 12 et 13 mai, Marseille les 9 et 10 juin 2011. Vous trouverez les bulletins d’inscription à retourner à EDRA dans Assistantes Maternelles Magazine.

Il y eu ensuite une pause durant laquelle Mr Epstein a pu dédicacer son dernier ouvrage tandis que d’autres assistantes maternelles posaient pour la postérité ou plus sérieusement pour le magazine déjà cité, sur le perron de la préfecture.

J’ai particulièrement apprécié la dernière conférence de la journée qui portait sur « la qualité de l’accueil ». Mené par Marie-Paule Thollon-Behar, psychologue responsable du pôle de recherches « petite enfance, développement et qualité de l’accueil de l’université Lyon 2, cet exposé traitait de la nécessité de démontrer la qualité de l’accueil de l’enfant et de sa famille, en lien avec les réticences sur les nouvelles façons de travailler. La psychologue nous a proposé une démarche réflexive basée sur 2 axes :
- les critères de qualité, forcément suggestifs puisque chacun à ses propres critères ;

- les indicateurs, une notion plus objective puisqu’ils permettent de vérifier si les critères sont atteints.

Et comme Marie-Paule Thollon-Behar a bien fait les choses, vous trouverez l’essentiel de ses propos dans un diaporama se trouvant sur son site :


Madame Luce Dupraz, historienne et sociologue est venue conclure les débats. Elle a parlé de l’enthousiasme qu’a pu provoquer l’évocation de ses nouvelles façons de travailler que représentent les MAM et les micro-crèches, évoquant la rupture de l’isolement pour l’assistante maternelle et la possibilité d’évoluer dans des locaux plus adaptés avec une professionnelle plus tranquille pour l’enfant (attitude qui se répercute sur l’enfant).

Je reste pour ma part plus dubitative. Si ces nouvelles structures sont très certainement envisageables et souhaitables en milieu rural, leur création me semble beaucoup plus compliquée dans une grande ville, les candidates à l’aventure devant se heurter à la mauvaise volonté des pouvoirs publics ainsi qu’à la réalité du marché immobilier pour obtenir au final un maigre salaire guère compatible avec la vie dans une grande agglomération.

Je préfère de loin retenir de cette journée les pistes données par Jean Epstein et Marie Paule Thollon-Behar pour une meilleure qualité d’accueil.

Je remercie pour finir l’association AAMADEL, qui par la bouche de sa présidente a eu le mot de la fin. Cette journée a été très enrichissante. Je mesure le travail que l’association a du fournir pour mener à bien une telle opération. Un grand merci à tous les organisateurs.

jeudi 27 janvier 2011

De la récup de boutons !!

Aujourd’hui mon équipe de trolls et moi-même, on vous présente notre activité du jour dans l’esprit des plateaux Montessori.

 
Pour cela, j’ai fait mes fonds de tiroirs, ou plus précisément j’ai farfouillé au fond de ma boite à couture (qui ne sert pas très souvent mais qui par chance est quand même finalement bien encombrée). Nous y avons déniché un bon nombre de petits boutons qui nous ont servi de base pour une série d’activités sur les paires.
Voila comment cela se présente. J’ai disposé sur un plateau un récipient avec les boutons (2 boutons identiques pour chaque série) ainsi que des bacs à glaçons avec 2 rangées de « cases ».


 
J’ai expliqué à l’enfant testeur (oui testeur car je ne savais pas si l’activité allait fonctionner ou pas) qu’il devait retrouver les boutons identiques et les placer par paires dans les bacs à glaçons, les deux boutons identiques devant se retrouver dans deux cases, l’un au dessous de l’autre. Ça parait simple mais encore faut-il que l’enfant sache déjà se repérer dans l’espace et connaisse les notions comme dessus dessous, en haut en bas… tous ces petits détails qui doivent être acquis avant l’apprentissage de l’écriture.

 
Je n’ai donné aucune indication sur la marche à suivre pour y arriver et j’ai observé avec bonheur le cheminement de la pensée « trollesque ». Et je peux vous dire que ça carbure dans les petites têtes !

 
L’enfant a d’abord cherché à positionner une seule paire à la fois. Il déposait son bouton dans la case du bas, puis allait chercher le bouton identique pour le positionner à son tour dans la case du haut. Il s’est très vite aperçu que sa méthode n’était pas très pratique, la quantité de boutons rendant le tri compliqué.

Il a alors eu l’idée de ne pas attendre qu’une paire soit constituée pour entamer une deuxième et a pré-positionné les boutons dans les cases du bas. Il était content : ça allait plus vite !! Tellement plus vite que souvent, il loupait des paires et que du coup les cases du bas se remplissaient beaucoup plus que les cases du haut. Il s’est donc auto-corrigé et a perfectionné sa deuxième méthode en vérifiant avant d’agir s’il n’avait pas déjà posé dans une case, un bouton identique à celui qu’il avait dans la main. De lui-même, sans que je ne porte aucun jugement sur son travail, il est devenu plus attentif et il a réussi.

 
Pour varier les plaisirs, je lui ai proposé d’autres petits jeux. Par exemple, à l’abri de son regard, j’ôtais du récipient un des boutons et sa reconstitution des paires devait l’amener à trouver le bouton qui avait « perdu son copain » et qui se retrouvait donc tout seul !!


 
Si ça lui a plu ? Tellement que je dois dire que je me suis lassée avant lui !!! J’ai conclu le jeu en lui proposant d’aller présenter l’activité au mini-troll qui n’a que 18 mois. Pour lui, on s’est contenté de lui faire positionner un bouton par case sans autre consigne.


C’est déjà un bon exercice pour muscler les petits doigts. Et mine de rien, on a quand même abordé les notions de "vide" et "plein" ! Et je voyais bien que dans sa tête, le mini-troll « comptait » et qu’il se corrigeait si il mettait 2 boutons au lieu d’un dans une case. Il a même remarqué de lui-même que certains boutons étaient identiques. On pourra donc très bientôt lui présenter la version longue de l’activité !!

vendredi 21 janvier 2011

J’ai lu la bible en matière de motricité libre !


Aujourd’hui, je vais vous reparler de la plus grande découverte que j’ai faite depuis que j’exerce ce métier, celle que je regrette le plus de ne pas avoir connue avant : la motricité libre prônée par le Docteur Emmi Pikler

La motricité libre qu’est-ce que c’est ? Pour les personnes qui suivent ma prose depuis un certain temps, je m’excuse d’avance, je vais encore radoter !!! Mais je croise tellement peu d’enfants qui, dans leurs gestes et leur comportement semblent en avoir bénéficié, qu’un radotage de plus ne me parait pas de trop !


Tout le monde sera d’accord avec moi si je déclare que le début du développement d’un bébé passe par la motricité. Tout enfant, normalement constitué et sauf accident, va un jour ou l’autre passer de la position horizontale à la position verticale ! Jusque là, je ne fâche personne ?

Il est communément (et malheureusement) admis que ce développement doit se faire avec l’aide de l’adulte qui intervient de manière directe dans ce processus, en « apprenant » à l’enfant, à acquérir les différentes postures, en le retournant du dos au ventre, en le mettant assis, debout, en le faisant marcher et tout ceci avant que l’enfant le fasse de lui-même.

Les travaux d’Emmi Pikler, pédiatre hongroise, ont démontré que cette intervention de l’adulte n’était pas indispensable, que l’enfant pouvait se développer sans cet enseignement et qu’il en résultait même un développement plus harmonieux.


C’est ainsi que dans les institutions ou les familles qui pratiquent la motricité libre, un enfant ne sera jamais mis dans une position qu’il n’a pas expérimentée de lui-même et dont il ne sait pas se sortir. Le bébé ne sera jamais retourné, jamais assis de force, calé dans des coussins. On ne lui tiendra jamais les mains pour l’aider à se lever ou à marcher. Au final, l’enfant saura se mouvoir comme les autres et toutes les études tendent même à prouver que celui-ci sera beaucoup plus à l’aise dans son corps, plus agile et plus autonome qu’un enfant ayant bénéficié de l’intervention classique d’un adulte.



Vous n’êtes pas convaincus ? Faites comme moi, lisez la bible !! « Se mouvoir en liberté dès le premier âge »



Bon ok, au départ, il vous faudra peut être du courage. J’avoue que j’avais acheté cet ouvrage lors de la dernière réunion Pikler mais que j’ai mis un certain temps pour ne pas dire un temps certain à l’ouvrir. C’est vrai, en le feuilletant, ça peut faire peur. D’abord, il n’est plus édité donc les seules versions qui circulent sont de simples photocopies. De nombreux tableaux illustrent les propos d’Emmi Pikler avec des chiffres tout partout qui peuvent prendre la tête avant même que l’on sache de quoi on parle. Mais faites un petit effort !! Je vous rassure, les tableaux ne sont pas indispensables à la compréhension du texte.



Cet ouvrage montre en détail le développement de l’enfant et se charge de vous expliquer « dans quelle mesure ce développement est fonction de l’enseignement de l’adulte, comment il se déroule sans cette action « enseignante » et comment et dans quelle mesure ce développement est modifié par l’intervention directe et indirecte de l’adulte ».



Vous serez peut être gênés par le fait que le livre est très ancien (zappez les quelques lignes où l’on vous parle de l’invention du youpala, ou du trotteur qui « datent » effectivement) mais vous découvrirez que finalement les arguments « pour » l’intervention de l’adulte dans le processus de développement sont encore plus anciens que les arguments « contre » et qu’ils ne reposent que sur les habitudes !



Emmi Pikler vous explique en détail les problèmes qui résultent de l’enseignement des mouvements (immobilité de l’enfant tributaire de l’adulte, mouvements défectueux, problèmes d’équilibre global de la musculature, voire même déformation du corps à l’âge adulte) et vous expose en comparaison tous les bienfaits que l’enfant peut retirer de la non intervention de l’adulte (enfants actifs, autonomes, à l’aise dans leur corps et dans leur tête).



Elle vous explique aussi les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce résultat car bien entendu, il ne s’agit pas d’abandonner l’enfant à son sort et de ne pas s’en occuper. L’adulte joue un rôle aussi important que dans un apprentissage classique mais totalement différent qui passe par la mise en place d’un environnement adéquat, une observation de l’enfant et une très grande qualité des soins qui lui sont prodigués.



Pour vous procurer l’ouvrage suivez ce lien où vous le trouverez sous le numéro 300 :


Il est aussi en vente généralement lors des diverses réunions de l’association Pikler.



Heureux, les enfants dont les parents découvriront la motricité libre avant la naissance de leur descendance !!! Heureux aussi les professionnels qui s’y mettront car ils pourront s’apercevoir que grâce à l’autonomie plus grande des enfants, les adultes sont moins surchargés et qu’il en découle de meilleures relations enfant-adulte, plus paisibles et plus équilibrées.



Pour finir, je vous recopie ici un petit paragraphe que je trouve très caractéristique car je me suis moi-même exprimée dans ces termes avant même d’avoir lu le livre !



« Celui qui a observé en famille ou à l’Institut Loczy ce développement moteur, celui qui a été élevé lui-même selon nos principes considère comme anormal de poser l’enfant sur le ventre quand il se trouve parfaitement bien sur le dos, de l’asseoir lorsqu’il est déjà très actif sur le ventre mais ne peut pas encore s’asseoir seul ; il a pitié du jeune enfant rendu ainsi inactif et maladroit, il a le sentiment que l’intervention de cette sorte de la part de l’adulte est contre nature. »











mardi 4 janvier 2011

Le temps de grandir

Le temps de grandir, c'est le journal des assistants maternels et familiaux du Rhône. Il est publié par le département et est disponible dans les RAM et les PMI.

Il est aussi téléchargeable sur le site internet http://www.rhone.fr/ depuis le numéro 1.

Vous trouverez dans chaque numéro, des informations sur les pratiques professionnelles, l'actualité des deux métiers avec notamment des offres de recrutement (assistants familiaux par exemple).

dimanche 2 janvier 2011

S’amuser avec le handicap



Au mois d’octobre dernier, j’ai assisté à une réunion organisée par le réseau différence et petite enfance de l’association "Une souris verte".

Cette réunion qui a fait l’objet d’un cr sur la page lyonnaise des Nounous (http://nounoustatieslyon.blogspot.com/2010/10/soiree-du-6-octobre-2010-les.html) traitait d’un outil spécifique à l’association qui permet de parler du handicap et ainsi de dédramatiser les situations que peuvent vivre parents, professionnels et enfants. L’objet de cet article n’est pas de vous faire un compte rendu bis, mais de vous parler plus en détail d’un ouvrage que j’avais découvert alors, nommé "7 souris dans le noir "et surtout de vous expliquer ce que nous en avons tiré.



Figurez-vous que le hasard faisant parfois bizarrement les choses, cet album nous a sauté dans les mains lors de notre dernière sortie "Bibliothèque". Nous ne le cherchions pas du tout, je l’avais même presque oublié et il était là, sur la table de lecture, venant sans doute d’être abandonné par de petits lecteurs et n’attendant que nous. Nous l’avons lu sur place et nous l’avons ramené à la maison pour approfondir la lecture.

C’est donc l’histoire de 7 souris aveugles, qui tentent chacune à leur tour, de formuler des hypothèses pour percer le mystère de l’étrange chose qu’elles ont devant elles. Une à une elles explorent une partie et donnent une réponse, puis un petit souriceau aura l’idée d’explorer cette « chose » entièrement.

J’ai commencé la lecture en vérifiant si mes petits trolls connaissaient bien le terme employé. Aveugle pour un tout petit, ça méritait peut être une explication. On ne pense pas toujours à ce genre de détail mais ça a quand même son importance. Je m’en suis rendu compte un jour où j’ai raconté l’histoire d’un petit africain qui partait à la chasse au lion. La phrase ainsi dite me semblait facile, d’ailleurs les enfants n’ont pas tiqué !! Ils ont même adoré. Sauf que quelques semaines après, l’une des petites a pris l’initiative de raconter l’histoire à ses petits camarades !! Et là, surprise, dans sa version, le petit africain ne partait pas à la chasse au lion mais….. « tirait la chasse » !! Sur le coup, ça m’a fait rire mais ça m’a permis aussi de mesurer ma bêtise !!! Je ne m’étais pas rendu compte qu’un petit citadin de 3 ans ½ n’avait forcément pas eu l’occasion de savoir ce que "partir à la chasse" veut dire ! Depuis je vérifie toujours.

Mais revenons à nos souris !! Aveugle, c’était bon, ils savaient ce que c’était : « C’est quand on voit pas »
J’ai traité cet ouvrage en exploitant le thème du handicap, mais il est intéressant dans bien d’autres domaines. Il peut ainsi être un formidable support pour l’apprentissage des couleurs (les 7 souris sont toutes de couleurs différentes) et celui des jours de la semaine. D’ailleurs vous trouverez sur le net tout un tas d’exploitations  en googlelisant simplement le titre : de la petite section de maternelle à la primaire, vous trouverez de tout, de l’activité graphique en passant par l’apprentissage de la lecture.

Ici après la lecture, on a joué. Je leur ai demandé s’ils pensaient qu’eux aussi, auraient deviné ce que c’était s’ils ne voyaient pas. J’ai alors proposé de vérifier. J’ai mis un foulard sur les yeux des enfants (chacun à leur tour) et ils devaient deviner quel était l’objet (on s’est limité aux jouets pour l’instant) que je mettais dans leurs mains. On aurait pu aussi faire des variantes à ce jeu en cachant les objets sous une couverture au lieu de se bander les yeux, on aurait même dans ce cas pu tenter de deviner ce que c’était avec les pieds et non plus avec les mains !! On aurait aussi pu cacher les objets dans un sac opaque. Deux idées à retenir pour les enfants qui refuseraient de mettre le bandeau sur les yeux !

Je ne voudrais pas terminer cette note sans vous donner la morale de cet album :

« Telle est la morale des souris : Savoir un peu est mieux que rien, mais le sage ne connaît vraiment que ce qu’il a vu en entier »




Bonne lecture et bonne année !!




mardi 14 décembre 2010

Le sapin 3D

Hou la la !!! Mais qu’est ce qui m’arrive : deux notes sur le bricolage d’affilée…. Pour quelqu’un qui a dit dès le départ que ce n’était pas sa spécialité, je fais fort !!! Faut dire qu’en ce moment, je n’ai plus de tout petits à la maison : que des grands trolls, même plus 1 razmoket !!! En plus, la période d’avant fêtes est quand même assez propice à ce genre de choses (surtout quand la météo s’en mêle).

Alors donc voila, les trolls et moi, on s’est lancé, sur une idée du nouveau magazine NLA créations, dans la fabrication d’un sapin 3D. Notre sapin est composé d’un tube qui sert de tronc, et de plusieurs étoiles trouées en leur centre et glissées à intervalles réguliers sur ce tube. L’activité telle qu’elle est présentée en page 18 du magazine est très complète. Elle comprend du découpage de différentes matières, de la peinture, du collage….

A la maison, on a fait plus simple ! J’ai préparé le travail, pris directement des feuilles de couleur. J’ai partagé mes étoiles de façon équitable entre les enfants qui se sont chargés du collage : des petites gommettes « étoiles » et des petits « pompons » brillants achetés dans un magasin de loisirs créatifs.

D’ailleurs j’aurais très bien pu m’en passer et faire des économies car dans la version de NLA, les boules du sapin sont réalisées dans du papier alu et le rendu est tout aussi joli.



Notre tronc a été fabriqué à l’aide de carton ondulé que j’ai roulé. Ça aussi c’est une variante maison car dans le magazine, c’est fait d’une autre façon. Mais je ne vais pas tout vous dire ! Je préfère que vous lisiez vous-même le magazine que vous pourrez vous procurer en suivant ce lien ou bien tout simplement chez votre marchand de journaux. Je précise que ceci n’est pas un article sponsorisé, que je n’ai pas d’actions dans le mag non plus. Je le trouve simplement très bien fait, par une équipe de surcroît très sympathique. D’ailleurs, je les remercie vivement : grâce à eux, les parents de mes petits trolls me prennent pour un as du bricolage !!




jeudi 9 décembre 2010

La fête des lumières

Hier, à Lyon, c’était le début de la fête des lumières. Je ne vous fais pas l’affront de vous expliquer ce que c’est. Même si vous ne faîtes pas partie des 4 millions de personnes qui viendront nous rendre visite d’ici la fin de la semaine, vous en avez sûrement entendu parler. On en a donc profité pour faire du « bricolage ».

Pour être dans l’air du temps et s’adapter à la nouvelle forme de cette fête des lumières, il aurait été plus malin de sortir les lampes de poche et de s’amuser avec les faisceaux de lumière. J’ai préféré néanmoins rester dans la tradition et de faire plancher mes trolls sur le thème de la bougie !! Parce que le 8 décembre au départ, c’était surtout les fameux lumignons sur les fenêtres !!

On a bien travaillé. La journée a commencé par la fabrication d’une bougie réalisée dans un rouleau de papier toilette que nous avons peint couleur cierge. Des cure-pipes ont servi de mèches et des flammes ont été découpées dans du papier Canson jaune. On a bourré l’intérieur du rouleau avec une feuille de papier froissée pour que la mèche tienne.





Et parce qu’il y a des jours comme ça où, à cause de l’excitation extrême de l’ambiance festive, même si on est très adepte de l’activité libre, il vaut mieux rester dans les activités « TRÈS dirigées » pour ne pas que la journée se termine en pugilat, on a continué à bricoler sur le même thème.

On a réalisé une belle composition dans laquelle les enfants ont pu assouvir leur passion pour le collage en tous genres !! J’avais préparé à l’avance tous les éléments de la composition. Il s’agissait de coller sur une demi feuille A4 (elle-même collée sur une autre feuille A4) 3 bougies que l’on a fait apparaître en léger relief (oui je sais ce n’est pas évident sur la photo mais il faut me croire sur parole) en intercalant entre la feuille et la bougie un petit morceau de carton. Dans les règles de l’art, j’aurais du acheter de la mousse adhésive double face, mais dans les règles de l’art, ça m’aurait coûté plus de 6 euros. La solution du petit bout de carton avait le grand avantage d’être gratuite et finalement peut être plus simple pour les petits.



J’ai donné les consignes au départ. J’ai été la première étonnée en voyant qu’elles avaient été respectées à la lettre (pas une seule gommette ne dépasse du cadre par exemple !!!) On aurait même pu faire un travail plus pédagogique en insérant des tris dans la composition (3 bougies de tailles différentes à placer de la plus petite à la plus grande, ou bien encore 3 teintes d’une même couleur à trier de la plus claire à la plus foncée….) Mais le but du jeu là, c’était surtout de les occuper et de canaliser leur énergie débordante en ce jour de fête.

Bon, vous allez encore me dire : c’est bien joli toutes ces idées « bricolage » mais ça arrive encore après la bataille ! Le 8 décembre c’est fini. D’accord mais l’avantage c’est que ce thème là, vous pouvez aussi le recycler pour Noël ou même pour le nouvel an !!!


La pédagogie Créatectura : Favoriser la créativité et l'éveil des tout-petits

L'année scolaire se termine et bientôt il sera temps de dire au revoir à tous nos grands qui vont partir pour de nouvelles aventures. Da...