dimanche 7 octobre 2012

Parce qu'il n'y a pas que Pikler dans la vie, on a testé "My Gym Lyon"

C'est en recevant un message publicitaire dans ma boite mail que j'ai eu l'idée d'aller tester avec mes troupes,  ce tout nouvel espace" ludosportif" se voulant adapté à des enfants de 6 mois à 9 ans. Il s'agit de faire faire du sport à des enfants, dans une ambiance plutôt festive, avec le but avoué d’améliorer leurs capacités physiques, leurs relations sociales et leur confiance en soi.

Quand j'en ai parlé sur les réseaux sociaux, en annonçant notre futur test, j'ai commencé à avoir des doutes. On me demandait ce qu'on allait bien pouvoir proposer à des bouts de choux de 6 mois. Baignant dans ma culture Piklerienne, j'avais effectivement oublié que le concept de motricité libre n'était pas une évidence pour tout le monde. 

J'y suis pourtant allée pleine d'enthousiasme avec deux petits trolls de 13 mois et 2 ans 1/2 pensant trouver là-bas un espace dédié à la motricité où les enfants pourraient évoluer en toute liberté et en toute sécurité. 

Nous nous sommes donc rendus au club de bon matin, à une séance prévue exclusivement pour les assistantes maternelles. L'accueil a été très sympathique. Les locaux sont neufs et c'est plutôt agréable : ça sent pas encore le dessous de bras négligé ou la vieille chaussette de 8 jours comme dans certains espaces dédiés aux activités sportives (vieux souvenirs du baby gym de mes enfants !). C'est spacieux et plutôt bien conçu. 

Nous nous préparons et la séance commence. Là, je dois dire que j'ai vécu un grand moment de solitude ! Ce que j'avais commencé à pressentir en visitant leur site se révélait encore pire que ce que j'avais pensé. Il s'agissait en fait de "faire faire" aux enfants et de les diriger pas à pas pour qu'ils participent à la séance. 

L'une des premières consignes de l'animatrice a été de proposer aux nounous de tenir les mains des petits pour les faire applaudir au rythme d'une comptine. Je n'ai rien dit ; je ne l'ai évidemment pas fait, considérant ce genre de gestes comme une douce violence faite aux enfants. A quoi cela sert-il ? Qu'est-ce que l'enfant va retirer de cette obligation, de cette injonction à faire ce geste dont il ne comprend pas encore l'utilité ? 

Après un bonjour en chanson anglaise ce qui est plutôt une bonne idée (je rappelle que le concept est américain), nous avons effectué quelques petits échauffements musculaires toujours en chansons ; enfin bon en vérité on a surtout regardé l'animatrice mais je vous explique le principe !  Vient ensuite un temps où l'animatrice décortique un mouvement particulier pour expliquer aux nounous comment le faire réaliser aux enfants. Pour nous il s'agissait du poirier. 

J'ai profité de l'arrêt de la musique pour parler avec les animatrices de  mon désarroi devant le déroulement de la séance et leur expliquer que mon approche éducative était basée sur l'activité et la motricité libre concept en totale opposition avec ce que le club proposait. 

C'est là que mon moment de solitude a atteint son paroxysme !! En effet, en réponse à mes propos, les animatrices au demeurant charmantes m'ont tout simplement dit qu'il n'y avait pas de problème, qu'elles pouvaient très bien prendre en charge elle-même les enfants que j'accueillais pour leur faire faire les activités que je ne désirais pas faire !!! En gros, elles n'avaient pas saisi que j'agissais pour le bien être des enfants, mais pensaient sans doute que je le faisais par confort personnel.

Alors j'en profite pour en rajouter une couche : si j'utilise l'activité et la motricité libre dans ma pratique professionnelle, ce n'est pas parce que je suis une flemmarde qui ne veut pas bouger ses miches, ce n'est pas non plus parce que la vieillerie m'empêche de me baisser ou de faire fonctionner mes articulations, c'est tout simplement parce que je pense que c'est mieux pour les enfants (même si, il est vrai du coup, c'est aussi moins fatiguant pour moi). 

Je pense que l'enfant est le mieux placé pour savoir de lui-même ce qu'il est capable de faire au niveau moteur, et ce qu'il a envie de faire. Il est le seul à pouvoir, par l'expérience, prendre conscience de son corps, de ses capacités et de ses limites. Le brusquer dans cet apprentissage, c'est risquer de provoquer des tensions, des peurs, des traumatismes (même si le mot est un peu trop fort) que le corps gardera en mémoire. 

Nous avons donc convenu avec l'équipe que je continuais la séance tout en laissant mes trolls libres d'évoluer dans les structures. Ça tombait plutôt bien puisque cela correspondait à une période prévue en activité libre, le temps pour l'équipe d'installer un parcours de motricité que le plus grand de mes trolls a pris plaisir à effectuer. 

C'est là que je vais arrêter avec le côté négatif de mon compte rendu parce que si, comme vous l'avez compris je trouve ce concept totalement inadapté pour les tout petits, je l'ai pourtant apprécié pour ce qu'il peut apporter à un enfant un peu plus grand. En effet, la séance telle qu'elle est pensée, peut permettre à un futur écolier de se familiariser avec les rythmes et les obligations qu'il rencontrera à l'école. Avec ses temps d'agitation où l'on peut se dépenser et ses temps plus calmes où l'on se pose, ses temps de liberté totale et ses temps d'exercices imposées, l'enfant s'habitue en douceur (puisque ça ne dure qu'une heure et que le nombre de participants est limité) à ce qu'il vivra lors de son entrée à l'école. Et oui c'est cool chez nounou, on fait ce qu'on veut, mais un jour il faudra bien rentrer à l'école et être capable de s'adapter à ce nouvel environnement. Même si, justement je travaille beaucoup sur l'autonomie afin que les enfants soient en capacité de trouver seuls les moyens de s'adapter, un petit coup de pouce avec une  immersion ludique dans une collectivité ne peut qu'être positif. 

Mais reprenons donc le cours de notre séance. Après un deuxième moment de liberté pour les enfants, les animatrices proposent deux ateliers (ce jour là, il s'agissait de gripper à une échelle de singe et de se faire balancer sur un gros cylindre). Vient ensuite un temps de regroupement où les enfants se défoulent avec des ballons (ça je dois dire que ce fut un grand succès même avec ma petite schtroumphette de 13 mois). Tout le monde se dirige ensuite dans un autre coin de la salle pour écouter une histoire que l'animatrice racontera avec des marionnettes (très bon moment aussi). La séance se terminera comme elle a commencé, en se disant au revoir en chanson et toujours en anglais.

Pour résumer, et par compassion avec ceux qui n'auront pas eu le courage de tout lire, on va terminer par un petit paragraphe regroupant les points positifs et les points négatifs de notre test (non, on va faire le contraire les moins et les plus, pour finir sur une bonne impression !)

Les points négatifs donc : 

  • un concept que je trouve inadapté aux tout petits et très éloigné de mon approche éducative basée sur la motricité libre et la bientraitance (attention je n'ai pas du tout dit qu'il s'agissait de maltraitance) ;


  • un coût un peu élevé : 9 euros par séance et par enfant sur les créneaux ouverts aux assistantes maternelles (pour les parents, je vous laisse visiter le site)

Les points positifs : 
  • Une équipe très sympathique et très ouverte (ils ne m'ont pas virée quand j'ai fait ma sauvage !)
  • des locaux agréables
  • une très bonne idée pour habituer les pré-scolaires à leur future scolarité. 
  • un concept qui a l'air vraiment pas mal pour les plus grands avec notamment la possibilité de réaliser des anniversaires au sein du club. Ça change des anniversaires Mc Do non ? 
  • un équipement ludique très varié : y'a même une tyrolienne !!

Voila : si vous voulez, vous aussi tester, vous trouverez toutes les coordonnées sur leur site ! Le club est présent à Lyon mais aussi, Grenoble, Beauzelle et Toulouse. Bonne visite !











2 commentaires:

  1. Bonjour, merci pour ton commentaire pour mon blog ! Je trouve ton point de vue interessant, je vais un peu nuancer certains points négatifs : Ma fille a été très tôt dans le groupe des grands, elle n'était pas capable d'effectuer certaines activités et elle se lassait vite, les animatrices m'ont toujours dit de la laisser faire et de quitter l'atelier pour qu'elle fasse ce qu'elle veut, maintenant encore (et pour tous les enfants), elle est libre de participer ou non. Pour la phase d'échauffement, ma fille a vite appris en me voyant faire et en voyant les autres faire, elle est très fière d'y arriver, mais c'est vrai que j'ai du l'accompagner au début. Pour les activités, cela faisait plusieurs jours que ma fille voulait faire des roulades, elle voyait les grands chez la nounou et se mettait en position sans jamais se lancer (elle avait 13 mois en même temps ^^), quand l'animatrice lui a montré comment faire, elle a compris comment on pouvait faire et depuis elle sait faire la roulade avant seule ! Personnellement, je ne vois pas ça comme une douce violence, mais plutôt comme un enseignement (respect des consignes en groupe etc.). Le parcours, elle a toujours suivi les grands, nul besoin de l'accompagner. Pour le reste, je suis complétement d'accord avec toi. A bientôt

    RépondreSupprimer
  2. Merci de m'avoir lu. Je comprends ce que tu dis et je vois bien l'intérêt, mais pour ma part j'estime que le plaisir de l'enfant est d'autant plus grand si c'est lui tout seul qui découvre comment faire, même si pour cela il doit tâtonner plus longtemps. Bonne journée

    RépondreSupprimer